De mairesse à directrice régionale de Centraide

Mairesse dévouée pour Sainte-Luce, maman de deux jeunes enfants, bénévole impliquée pour une multitude de causes, Maité Blanchette-Vézina ajoute une corde à son arc. Elle est la nouvelle directrice régionale de Centraide Bas-Saint-Laurent. Son désir d’aider ceux et celles qui ont moins de chance l’a poussée à faire le grand saut. Portrait d’une rassembleuse visionnaire.

Maïté Blanchette-Vézina est originaire de Montmagny. Les valeurs d’entraide et de partage ont toujours fait partie de sa vie. Ses parents donnent de leur temps dans divers organismes à but non lucratif et l’inspirent.

Une fois arrivée sur le marché du travail, après des études en communication puis en droit, elle a envie de faire comme eux. Elle estime qu’elle fait partie des privilégiés et qu’elle doit redonner aux autres.

Jean-François Welch, un modèle

Alors qu’elle travaille en droit des affaires pour le cabinet d’avocats Welch Bussières à Québec, elle est impressionnée par le dévouement dont fait preuve son patron, Jean-François Welch.

« Il était issu d’une famille anglophone de philanthropes très inspirante. Il a démarré La Ruche pour aider les entrepreneurs et il s’impliquait pour la fondation d’un hôpital. Je me suis rendu compte qu’au-delà du temps consacré à une cause, quand on fait des dons en argent, ça peut avoir un gros impact. » Elle souhaite suivre ses traces.

À 26 ans, de retour au Bas-Saint-Laurent, en plus de pratiquer le droit, elle s’implique sur le conseil d’administration de plusieurs organisations, dont l’École de danse Quatre Temps de Rimouski, pour lequel elle a un coup de cœur.

« Il y a des gens démunis qui n’ont pas les moyens d’y aller. Cette école a mis sur pied un programme de bourse pour leur permettre d’y avoir accès et de s’épanouir grâce à la danse. »

Mairesse de Ste-Luce à 32 ans

La perte d’un être cher, son parrain adoré qu’elle considérait comme un deuxième père, l’amène à se questionner sur le sens qu’elle veut donner à sa vie. « J’allais avoir trente ans et sa mort m’a vraiment bouleversée. Je me suis demandé quelle trace je voulais laisser sur la terre avant de mourir. »

C’est à partir de ce moment qu’elle décide de se lancer en politique pour briguer la mairie de Sainte-Luce. « J’avais envie d’aider et de contribuer à ma communauté. Je voyais aussi toute l’importance de soutenir le réseau communautaire, pour améliorer notre tissu social. »

À l’âge de 32 ans, elle mène une campagne de terrain, remporte ses élections et devient mairesse de Sainte-Luce, petite municipalité de 3000 habitants, où elle vit avec son conjoint.

Elle s’implique pour des organismes et des causes qui lui tiennent à cœur, dont l’adaptation des populations aux changements climatiques, le transport collectif et la place des femmes et des jeunes en politique municipale.

L’importance de Centraide

Au cours de son mandat, elle voit à quels points les besoins sont grands. « Les gens se tournent naturellement vers la mairie pour avoir de l’aide. Dans la MRC de La Mitis, dans laquelle est située Sainte-Luce, c’est une proportion importante de la population qui est vulnérable. »

Sensible aux enjeux de pauvreté et d’exclusion sociale, elle s’implique bénévolement pour la campagne 2020 de Centraide Bas-Saint-Laurent, à titre d’ambassadrice de la MRC de la Mitis. Elle convainc les autres élus de la région de participer à une vidéo pour la cause de Centraide. Une belle façon d’encourager les donateurs à être généreux.

Les contrecoups de la pandémie

Son rôle d’ambassadrice l’amène à mieux comprendre l’impact réel de Centraide. « J’ai été touchée de voir certains témoignages, comme celui d’Hélène Jolicoeur, la directrice de la Cuisine collective de la région de Matane, un organisme associé à Centraide. Quand ça concerne les besoins de base, comme l’aide alimentaire, c’est très confrontant. »

Les enjeux de santé mentale et la violence faite aux femmes sont aussi des réalités qui la préoccupent. « Il y a des gens près de moi qui ont eu besoin d’aide en santé mentale et j’ai aussi une amie qui a subi de la violence conjugale. C’est du vrai monde, ce ne sont pas juste des statistiques sur du papier. »

Elle se questionne alors sur son avenir politique. « Je suis une ambitieuse sociale, c’est le “pourquoi on fait les choses” qui me drive. J’avais ce désir d’être en cohérence avec mes valeurs, de contribuer à quelque chose de plus grand que moi, afin de réduire les inégalités sociales. »

D’ambassadrice à directrice régionale

Coup du hasard ou du destin, le poste de directrice régionale se libère chez Centraide Bas-Saint-Laurent. « Quand j’ai vu l’affichage du poste, je me suis dit il faut que j’applique. En même temps, je savais que si je décrochais le poste, je devrais quitter la mairie. »

C’est avec bonheur qu’elle apprend que sa candidature est retenue. Elle annonce aux membres du conseil municipal et à ses citoyens qu’elle quitte la mairie de Sainte-Luce avant la fin de son mandat.

« Quand j’ai laissé le poste de mairesse, après trois ans et demi, ç’a été déchirant de laisser des mandats inachevés. Mais en même temps, j’avais déjà pris ma décision de ne pas me présenter aux prochaines élections. Je sentais que ma place était ailleurs. Centraide est une magnifique occasion d’avoir du sens et d’aider encore plus de gens démunis, et le territoire à couvrir est plus grand avec Centraide. »

Créer un vaste mouvement d’entraide

Elle envisage son nouveau mandat avec optimiste, même si elle sait que les défis sont grands avec la pandémie que nous traversons. « Les organismes et les bénévoles sont à bout de souffle. Je veux aller chercher plus de sous en 2021 pour aider encore plus les organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent. »

Pour y arriver, elle compte faire connaître davantage la mission de Centraide et son impact. « Je veux développer le réflexe philanthropique des citoyens. Les gens croient à tort que l’argent amassé par Centraide Bas-Saint-Laurent va à Québec, mais ce n’est pas vrai. L’argent reste chez nous. »

Son souhait le plus cher, c’est de créer un vaste mouvement d’entraide dans sa région d’adoption. « La population est vieillissante et le bénévolat est porté par des retraités. En même temps, il y a plein de nouveaux arrivants en ce moment. J’espère que ces gens vont s’enraciner et s’impliquer pour Centraide et pour leur communauté. »